Une nouvelle approche naturaliste pour étudier l'identité et les représentations du monde
INVESTIGATEUR MULTISTADE DE L'IDENTITE SOCIALE
(IMIS version 2)
La première phase de l’IMIS consiste à obtenir l'inventaire de différents groupes auxquels appartient objectivement le répondant et les représentations qu'il s'en fait.
Cette première phase se complète habituellement par écrit. Toutefois, certaines personnes peuvent la compléter oralement avec l'aide de l'interviewer.
On demande au répondant de décrire certains des groupes auxquels il appartient de fait ou par affinités ou intérêts. Les groupes de base qui semblent les plus importants dans la constitution de l’identité sont généralement : la nation, le genre, l’ethnie, race ou la région, la classe sociale et la profession ou activité ainsi que certains groupes d’appartenance ou de référence jugés par le répondant comme important dans son identité (sportif, syndicat, etc.). En plus de ces groupes de base, on peut ajouter d’autres groupes d’appartenance ou de références (tels que le groupe d’age, politique, religieux, statut professionnel, état civil, organisation, etc.…) ou encore tout autre groupe de non appartenance selon les intérêts des chercheurs.
« Chacun de nous par son identité et ses affinités est membre de plusieurs groupes sociaux différents. Ainsi, je fais partie du groupe des gens de telle nationalité, de telle région, de tel âge, des hommes ou des femmes, etc. »
« Il s'agit de répondre à chaque question par autant de mots ou de courtes phrases que vous pouvez (au moins cinq), le plus spontanément possible, en suivant ce qui vous vient librement à l'esprit sans vous soucier de la précision de vos réponses. Nous sommes en effet intéressés par vos premières impressions. n n'y a ni bonnes ni mauvaises réponses, seules vos impressions personnelles sont justes et importantes ».
Chaque groupe d’appartenance présélectionné par le chercheur est défini en termes de
Nous les (par exemple français)…nous sommes..
Puis ensuite en termes de Eux les (français).. ils sont…
Pour les autres groupes définis par le répondant lui-même, on demande si il y a d’autres groupes auxquels il appartient et qui sont importants. Ces groupes doivent ensuite, de la même façon, être décrit en termes de Nous et de Eux.
Est-ce qu’il y a des groupes auxquels vous appartenez (autres que ceux déjà mentionnés) et qui sont importants dans votre vie et vos orientations ?
II. ANALYSE PSYCHO-CONTEXTUELLE
L’analyse psycho-contextuelle constitue une approche qui permet de déployer le système de signification personnel qui accompagne dans la pensée de fond ou en arrière plan les représentations sociales. Cela permet de mettre en évidence les relations fonctionnelles entre la conscience de Soi (identité personnelle subjective), les appartenances sociales objectives (nation, sexe, classe sociale...) et leurs représentations subjectives
Il est important de préciser la différence qui existe entre l’analyse psycho-contextuelle comme technique d'introspection focalisée et l'introspection classique ou l'autoanalyse. En effet, à la différence de ces dernières, l’analyse psycho-contextuelle n'est pas une réflexion centrée sur sa propre activité cognitive (ou affective) mais bien plutôt une activité cognitive qui vise à générer a partir des représentations sociales produites, des données de second degré.
Chaque stade de l’analyse psycho-contextuelle se focalise successivement sur un aspect spécifique des représentations et permet d'éclairer des dimensions pertinentes à la base de leur production.
L’analyse psycho-contextuelle comprend trois stades :
1) Espace Elémentaire de l’identité
2) Circuit affectif- représentationnel (circuit identitaire)
3) Noyau Dynamique Socio- Motivationnel
I. ESPACE ELEMENTAIRE DE L’IDENTITE.
La spécification des propriétés élémentaires du répertoire sémantique de l’identité et de l’altérité obtenue dans la phase I de l’IMIS. On établit ici les URs qui caractérisent le Soi et le Non Soi (égomorphisme/allomorphisme) et leur connotation affective (bon- mauvais ; essentialité). Les données obtenues à ce stade permettent de construire l’Espace Elémentaire de l’Identité d’un répondant. Cette partie peut être complétée directement par le répondant lui-même ou être passée par questionnaire en groupe.
1.1 Différenciation Soi/Non-Soi (égomorphisme/Allomorphisme)
Reprenez maintenant vos réponses dès le début, en indiquant parmi toutes les caractéristiques que vous venez d'écrire, d'une part celles qui s'appliquent à vous personnellement et d'autre part 1celles qui ne s'appliquent pas à vous.
Pour cela :
a) ENCERCLEZ toutes les caractéristiques qui font partie (de près ou de loin) de votre personnalité ou qui reflètent des aspects de votre vie;
BARREZ d'une croix (sans effacer) toutes les caractéristiques qui ne font pas partie de votre personnalité, ou qui ne reflètent aucun aspect de votre vie.
VOUS DEVEZ CLASSER TOUTES VOS RÉPONSES À L'INTÉRIEUR DE CES DEUX CATÉGORIES
b) Prenez toutes les caractéristiques qui sont ENCERCLÉES et mettez :
· Un 1 devant celles qui s'appliquent tout à fait à vous-même
· Un 2 devant celles qui s'appliquent assez à vous-même
· Un 3 devant celles qui s'appliquent un peu à vous-même
· Un 4 devant celles qui ne s’appliquent pas à vous-même
1.2 Connotation affective
Reprenez toutes vos réponses (encerclées ou barrées)
a) CLASSEZ--les en termes de positive et favorable ou négative et défavorable.
· Mettez le signe + devant chaque caractéristique que vous jugez positive en soi.
· Mettez le signe — devant chaque caractéristique que vous jugez négative en soi.
b) METTEZ un E (comme Essentiel) devant toutes les caractéristiques auxquelles
vous attachez une grande valeur, c'est-à-dire que vous considérez comme importantes et essentielles dans la vie.
II. CIRCUIT AFFECTIF-REPRESENTATIONNEL (CIRCUIT IDENTITAIRE)
Cette dernière phase permet de déployer le contenu
de l'environnement interne opératoire. Il s’agit d’explorer systématiquement le contexte sous-jacent à chaque
représentation (UR) ou ce que nous avons appelé la pensée de fond. Ce contexte, en situation naturelle reste
dans le non-dit à la périphérie de la conscience mais est immédiatement mobilisable lorsque l’on demande à une personne d’expliquer ses représentations du monde et de soi. Il évoque des
personnages, une histoire, des souvenirs, des sentiments et toute une axiologie qui renvoie au système de croyances et de valeurs, à la motivation et au projet de vie. Au cours de l’entretien, Il
va s’agir de faire surgir systématiquement ces différentes dimensions.
La case du SOI positif dans l’espace élémentaire de l’identité (Case A) est la case fondamentale de l’identité d’où nous pouvons générer le circuit identitaire. En effet, c’est ici que s’exprime tout ce qui est important dans la vie d’une personne et ce qu’elle valorise dans la société. Les autres cases de l’espace élémentaire expriment soit des obstacles, des handicaps ou la conséquence d’actions négatives d’autrui (Case B du SOI Négatif) ou des oppositions (contre valeurs, oppression etc.) (Case D du NON SOI négatif). Les résultats des recherches montrent que la case du NON SOI positif est rarement utilisée. Nous suggérons donc de toujours commencer cette phase du protocole par la case A du SOI positif.
Chaque Représentation qui existe dans l’espace du SOI positif est ainsi le centre dynamique d’un complexe psychologique que nous appelons circuit identitaire dont les éléments sont les suivantes :
Eléments d’un circuit identitaire :
1- Histoire du groupe (mémoire collective)
2- Les référents d’une représentation (microcosme social)[1]
3- Ce qui est désirable (valeurs)
4- Ce que je désire (motivation, engagement)
5- Ce que je préfère (attitudes)
6- Histoire de vie (éléments biographiques, projet, plan)
7- Ce par quoi j’interpelle le monde (argumentaire)
Pour chacune des représentations positives applicables au Soi, on demandera donc :
Pourquoi dites-vous que les (groupe) sont ? Que signifie (être, avoir ou faire..) ? Quelles images vous viennent à l’esprit, voyez-vous des situations particulières, pouvez-vous donner des exemples précis ?
(Histoire du groupe comme mémoire collective)
Qui voyez-vous, à quoi pensez-vous quand vous dites que les (groupe) sont (UR) ? (référents ou Prototypes)
Quand vous pensez à (prototype donné), quel sentiment cela suscite t’il en vous ? (Sentiments d’admiration, amour, fierté, peine, colère, etc.)
Lorsque vous dites que cette caractéristique (UR) s’applique aussi à vous, que signifie (être, avoir ou faire..) pour vous personnellement? pourquoi, comment (UR) s’applique t’elle ?
Depuis quand possédez-vous cette caractéristique? Vous rappelez-vous comment cela est arrivé ? Pouvez-vous me donner un exemple précis? Relancer plusieurs fois (Histoire de vie)
Est-ce que c’est une caractéristique importante pour vous (UR) ? Considérez-vous que ce soit une valeur importante ? pourquoi ? (Valeurs)
Comment jugez-vous cette caractéristique chez les autres ? (Attitudes)
Quel rôle joue cette caractéristique dans votre vie, dans vos choix et projets ?
Quels actions, engagement cela implique t’il ? (Motivation)
Pourquoi cette caractéristique vous semble importante ou essentielle pour (groupe, prototype ou personne) ? (Argumentaire - interpeller le monde) En général, cette dimension est surtout présente chez les agents culturels dont le discours a pour cible le changement ou le maintien d’une certaine vision du monde.
III. NOYAU DYNAMIQUE SOCIO-MOTIVATIONNEL: RELATIONS ENTRE LES MOTS
Cette partie permet d’explorer en profondeur de l’identité d’une personne. Elle vise à établir le système de relations entre les représentations (URs), c'est-à-dire la dynamique socio-motivationnelle de l'identité. Le matériel obtenu ici est essentiellement monographique et le répondant directement impliqué dans l’analyse des données (URs) qu’il a générées aux différentes phases de l’analyse. Il interprète ce qu’il a dit et pense en même temps qu’il se raconte.
Les représentations, à un premier niveau général, sont ancrées dans le symbolisme collectif mais, à un second niveau plus profond, ce signifié est réapproprié et transformé en significations tout à fait singulières selon le vécu particulier de la personne. C'est ce signifié singulier, comme mémoire é-motionnelle du monde social et des rapports du Soi avec l'environnement qui colore et organise les représentations. Autrement dit, si les termes utilisés pour se représenter Soi, Alter et le monde social sont empruntés aux croyances, formes et normes du domaine collectif, les éléments retenus ne le sont pas au hasard et la manière dont sont organisés ces éléments non plus. Les éléments retenus tout comme leur organisation, dépendent et nourrissent les besoins, aspirations et autres dimensions existentielles du Soi. Il existe ainsi une coïncidence entre la «réalité» et le désir dans l'économie des représentations. Le découpage et les relations qui existent entre les représentations traduisent directement les orientations et les intérêts propres d'une personne et au-delà des groupes auxquels elle s'identifie. Toute représentation se rapporte à un objet (Soi ou Non-Soi) et en même temps à un champ de signification du vécu (ou dimension existentielle). On voit, ainsi, que les représentations s'organisent naturellement, en faisceaux, autour de quelques noyaux de signification, auxquels elles reviennent constamment et qui constituent des centres de référence pour les divers jugements possibles. En d'autres termes, les diverses représentations apparemment de Soi, des Autres et du monde ne sont que des variations autour de quelques dimensions centrales privilégiées qui assurent une logique au niveau des contenus et des significations. Ce sont ces dimensions structurantes que l'on a appelé les noyaux dynamiques socio-motivationnels. Les noyaux dynamiques socio-motivationnels constituent, ainsi, des dimensions centrales autour desquelles se structurent les connaissances, images, affects et les expériences qui renvoient à un même champ de signification. Ces dimensions, relativement peu nombreuses, vont apparaître comme des filtres à travers lesquels la réalité sociale est recodée et les expériences reconstruites.
Un noyau dynamique socio-motivationnel est constitué par un ensemble de relations, au niveau sémantique et psychologique, entre différents éléments représentationnels de Soi et du Non-Soi (comme individu ou groupe) qui renvoient à un même champ de signification du vécu.
Il va s’agir avec le répondant de choisir parmi les représentations positives du SOI, un mot (UR) ou une dimension thématique qu’il considère comme importante et essentielle et à partir de cette dimension établir, par approximation successive, les relations qui peuvent exister au niveau sémantique et au niveau existentiel avec d’autres mots ou thèmes produits décrivant le SOI ou le NON-SOI, positif ou négatif. Ainsi de suite pour toutes les représentations de Soi jugées comme importantes
« Parmi les descriptions positives que vous avez donné s’appliquant à vous personnellement, quelle est celle que vous jugez comme la plus importante ou essentielle? »
A partir du mot retenu ou sélectionné par le répondant, on explore systématiquement les relations qui existent avec cette représentation et d’autres représentations du SOI ou du NON-SOI
Nos recherches ont permis d’établir six types de relation qui peuvent exister entre les mots ou thèmes
.
1- Des relations de contiguïté ou des mots ont des sens voisins mais non identiques, l'actualisation de l'un renforçant celle de l'autre. Par exemple, intelligent-brillant (Soi +), peut être contiguë à créatif-imaginatif (Soi +) et à profond (Soi +) dans la mesure ou les réseaux associatifs indiqueraient que ce sont des mots proches qui se renforcent l'un, l'autre.
« Pouvez-vous m’indiquer quelles sont les autres mots qui, selon vous, ont un sens très proche ? A chaque fois demandez : Pouvez vous m’expliquer pourquoi ? »
2- Des relations d'incompatibilité, ou deux mots s'excluent mutuellement, l'actualisation de l'un interdisant simultanément celle de l'autre. Par exemple, non conflictuel et agressif ou si le mot choisi est ambitieux et dans le SOI négatif se trouve le mot paresseux.
« Revenons au mot (mot donné au début). Pouvez me dire s’il y a dans les autres mots que vous avez donnés, des traits ou caractéristiques qui empêchent selon vous la réalisation de (mot) ? ».
3- Des relations d'implication, ou l'actualisation d'un thème dans l'un des champs de l’identité implique l'actualisation d'un thème corollaire dans l'autre champ parallèle. Ce type de relation représente des causes ou conséquences négatives d'éléments positifs ou vice versa et pourrait se traduire par le revers de la médaille, les défauts de ses qualités ou les qualités de ses défauts. Par exemple, la réussite et l'ambition, comme éléments valorisés du Soi peuvent impliquer l'anxiété et l'égoïsme dans le Soi négatif.
« Vous dites que vous (être, avoir, faire..UR), est-ce que cela a des conséquences, qu’est-ce que cela implique ? »
4- Des relations d'opposition, ou deux mots appartenant à des champs divergents (Soi et Non-Soi), apparaissent directement opposés, l'un étant le symétrique opposé de l'autre, par exemple: l'intelligence et la bêtise, bon/mauvais, etc. Dans les relations d’opposition, il est important de distinguer :
a) ce qui renvoie au système axiologique des valeurs
b) ce qui renvoie au vécu existentiel
Dans le premier cas (a), on a une caractéristique du champ valorisé du SOI avec dans le NON-SOI négatif directement son contraire. Le premier reflétant le plus souvent une valeur ou bien une caractéristique positive importante du SOI et le second une contre-valeur, ou bien une caractéristique du Non-Soi jugée comme négative. Par exemple, tolérant-intolérant, gais-tristes, etc.
Dans le second cas (b) on a une opposition fonctionnelle qui renvoie à une situation existentielle (état, vécu, histoire..) du champ du SOI, généralement dans le SOI négatif provoquée ou conséquence d’une situation ou d’une action exercée par un groupe ou une personne antagoniste (du NON-SOI). Par exemple, dominé-dominateur, exploité-exploiteur. Si une opposition au niveau des valeurs n'implique pas forcément un conflit ouvert et peut simplement exprimer de l'antipathie, en revanche, une opposition au niveau existentiel induit toujours une réaction défensive ou offensive, le SOI développant une contre-action.
« Pouvez-vous me donner quelle caractéristique est la plus opposée à (UR) »
Les deux autres types de relations suivantes peuvent être induites à partir d’une caractéristique du SOI négatif ou du NON-SOI positif et pas forcément à partir du SOI positif. Notons également que ce type de relation est souvent difficilement saisissable immédiatement par le répondant et doit être mise en évidence par l’interviewer.
5- Des relations de complémentarité, ou un thème du champ valorisé du NON-SOI, complète un thème du champ valorisé ou dévalorisé du SOI et agit comme renforcement, appui, soutien, complément d'un état, d'une qualité ou d'un projet du SOI ou encore remplit un manque, un besoin, etc. Ce type de relation est toujours dans le sens du Non-Soi (Alter) vers le SOI, comme appui ou renforcement d'une actualisation ou d'un projet du Soi ou bien comme réponse d'aide, de protection à des difficultés intrinsèques ou extrinsèques du SOI. Par exemple, un enfant se jugeant faible peut voir les adultes comme forts et protecteurs, ou bien une personne aimée peut voir en complémentarité l'Alter aimant, etc.
6- Des relations de différenciation. Il y a relation de différenciation entre des thèmes du champ du SOI et des thèmes du champ du Non-Soi lorsqu'ils n'entretiennent pas directement entre eux de relations d'opposition ou de complémentarité, mais reflètent, seulement, des traits distinctifs. La différence peut être positive ou négative. Dans le cas d'une différence positive, il est important de distinguer ce qu'on pourrait appeler une différence positive symétrique dans la mesure où elle n'implique pas de rapport d'inégalité entre SOI et Alter. En revanche, une différence positive asymétrique implique que le SOI, en raison de certains manques, incapacités, victimisation, est en rapport d'infériorité avec Alter. La différence positive symétrique peut être vécue comme une gratification, c'est ce que l'on aime, apprécie, dans l'environnement ou chez l'autre, alors que la différence positive asymétrique est vécue le plus souvent comme une frustration, c'est ce que l'on envie, jalouse, désire, chez l'Alter, sans pouvoir le posséder.
D’une manière générale, il faut noter que les relations entre des thèmes représentant des dimensions du SOI ont une spécificité propre par rapport aux relations qui relient des thèmes du Soi à ceux du NON-SOI (comme Alter). Au niveau du SOI, ces relations expriment des compatibilités ou des incompatibilités entre les désirs, les aspirations et les moyens pour les réaliser; elles révèlent ainsi une dynamique intrapsychique complexe. Par contre, les dimensions du Non-Soi qui sont évoquées, entraînent le plus souvent des relations simples avec celles du Soi, comme valeurs ou contre valeurs, fonctionnelles ou dysfonctionnelles. Alter, en tant que Non-Soi et comme élément de l'environnement socioculturel, est éprouvé et perçu essentiellement comme source de gratification, de frustration ou de menace pour le Soi.
Il apparaît ainsi que le Soi se pense sous la forme de l'Être alors qu'Alter est toujours l'expression d'une relation personnelle ou sociale. La réflexivité du Soi se tourne vers l'origine de l'agir ou vers le Soi agissant mais l'Alter est défini essentiellement dans sa relation et son action sur le Soi.
La dernière étape de l'analyse est celle qui vise, à partir des relations établies entre différentes dimensions importantes des représentations de SOI et d’Alter, à mettre en évidence certains principes régulateurs et organisateurs dans la construction de Soi et du monde. On établit ainsi différents noyaux socio-motivationnels à partir de chacune des dimensions dans l’identité du répondant qui apparaissent refléter et résumer des aspects importants dans le vécu en tant que projet du Soi. Les éléments de ce projet, ici les éléments positifs du Soi, sont mis en relation avec les manques, défauts, ou victimisations du Soi (Soi négatif) qui entravent ou limitent le Soi dans son projet ainsi que les sources de gratification, de frustration ou de menace perçues dans l'environnement (Alter positif et négatif) et les différentes stratégies réactionnelles de défense et de protection (élaboration défensive pour minimiser l'effet des éléments négatifs du Soi et contre action vis-à-vis des actions agressives d'Alter). C'est l'organisation de ces thèmes et leur relation qui constituent les noyaux dynamiques socio-motivationnels. En effet, les thèmes et les relations n'ont pas de sens en tant que termes indépendants, c'est seulement à travers leur organisation qu'ils prennent un sens et cette organisation amène à mettre en évidence un ensemble de relations dont le principe, une fois connu, laisse apparaître la dynamique socio motivationnelle.
[1] Les référents d’une représentation permettent d’établir la triade identitaire (Soi, Groupe, Prototypes)